Bonnes pratiques vidéo - la check-list ultime

Bonnes pratiques vidéo : la checklist ultime

23 février 2017 Bonnes pratiques UX 0 Comments

Dans tout stratégie de contenu, la valeur ajoutée d’une vidéo n’existe qu’à condition que le respect d’un certain nombre de pratiques viennent enrichir l’expérience des utilisateurs. Ces derniers doivent toujours garder le contrôle sur ces contenus, comprendre leur utilité et les sujets abordés, ainsi que se voir proposer des moyens alternatifs d’accéder à l’information qu’ils contiennent.

Les vidéos sont un moyen très intéressant d’enrichir votre stratégie de contenu en accord avec votre stratégie de marque. Avant d’investir néanmoins dans ce type de contenus pour votre site web, prenez le temps de découvrir les bonnes pratiques qui vous permettront d’en tirer le meilleur parti pour l’expérience de vos utilisateurs. Ne pas respecter les internautes consisterait en effet à tomber dans le piège de réduire la qualité globale de l’expérience que vous proposez sur votre site ou votre application mobile. Pour ne pas que cela arrive, on vous fournit la checklist ultime des bonnes pratiques UX en matière de contenus vidéo et audio (retrouvez la en fin d’article).

Pour être tout à fait précis, nous aborderons ici les contenus vidéo à caractère informatif, ceux que l’on peut placer dans la catégorie des contenus web avec les textes, les images ou encore les contenus audio. Ces éléments sont spécifiques à un contexte de navigation et d’interaction avec un site web ou une application mobile. Ils se placent dans une stratégie globale réellement “multimédia” dans laquelle chaque format de contenu web renforce l’impact de l’autre. Cette synergie permet de proposer la meilleure expérience possible pour l’utilisateur afin d’exploiter l’ensemble du potentiel de votre stratégie de marque. Nous ne parlerons donc pas ici les vidéos de divertissement qui sont l’extension sur le web d’une expérience télévisuelle “classique” (émissions replay, live, documentaires… etc).

 

1/ ne pas compter seulement sur la vidéo

Sur le web, il n’y a pas de comportement “standard” concernant les vidéos et aucune garantie que les utilisateurs vont les regarder. Ces contenus à eux seuls ne peuvent donc pas constituer une stratégie de contenu efficace. En effet, le plus gros désavantage des contenus audio ou vidéo est que les utilisateurs ont l’obligation de regarder la totalité de la séquence pour en comprendre le sens. Cela oblige les utilisateurs à tout regarder et cela leur fait perdre du temps (une vidéo demande donc plus de temps que du texte). En résumé, ce type de contenu ne donne pas la possibilité de “scanner” rapidement l’information alors que sur le web ce comportement d’interaction avec les contenus est le plus courant. En outre, les vidéos peuvent planter, ou freezer. C’est même assez courant.

C’est pourquoi vous devez toujours donner la possibilité à vos utilisateurs d’accéder à vos contenus informationnels par au moins un autre moyen (texte, image, infographie etc…).

En matière d’accessibilité, la meilleure pratique consiste à proposer des sous-titres ou une retranscription complète. Si ce n’est pas possible techniquement ou par manque de temps, assurez-vous que tous les éléments essentiels de la vidéo sont aussi présentés sous une forme textuelle sur la page.

Ted.com à beau être dédié à la diffusion de vidéos, il propose de nombreux contenus textuels présentant les aspects essentiels de la vidéo, sujet, résumé, auteur et même sa retranscription…

 

2/ Donner le contrôle à vos utilisateurs

Surtout, ne surprenez pas vos utilisateurs par une vidéo qui se lance sans leur consentement. Si vous le faites, ils devront utiliser leurs ressources cognitives et faire un effort pour trouver comme enlever le son ou mettre la vidéo sur pause au lieu de se focaliser sur l’information qu’ils recherchent sur la page. Tout mouvement sur la page web est de surcroît une distraction épuisante et désagréable.

Vos utilisateurs n’apprécieront pas vos contenus vidéo s’ils ne s’attendent pas à eux. Vos hyperliens pointant vers des vidéos doivent en effet préciser le type de contenu vers lesquels ils mènent. Par défaut, on a tendance à penser qu’un hyperlien va mener vers une page contenant des textes et des images, pas vers une vidéo.

Vos utilisateurs veulent avoir le contrôle sur ce qu’ils écoutent ou regardent. Quand une vidéo se lance seule leur premier instinct est de couper le son ou de mettre la vidéo sur pause. Cela concerne aussi les vidéos qui se lancent à leur survol à l’aide du curseur. L’action des utilisateurs doit être explicite. Ils doivent pouvoir facilement lancer, stopper ou redémarrer une vidéo selon leur souhait. De même, ils doivent toujours pouvoir couper ou baisser le son des contenus vidéo ou audio.

Clubic.com dégrade fortement l’expérience qu’il propose à ses utilisateurs à cause de ces playlists vidéos se déclenchant automatiquement.

Vous devez aussi réfléchir à ce que vous souhaitez que l’utilisateur fasse après la conclusion de la vidéo. Soit par un call to action approprié, soit en continuant votre storytelling grâce aux autres informations de la page (comme des liens relatifs ou d’autres contenus vidéo liés à la thématique ou à l’objectif). Beaucoup de vidéos laissent l’utilisateur dans une impasse et ne lui proposent pas d’obtenir des informations additionnelles pertinentes.

Toujours sur ted.com des contenus additionnels viennent enrichir l’expérience des utilisateurs tout en permettant de cultiver leur intérêt et leur engagement.

Dans le cas où votre vidéo est intégrée à partir d’un autre site web ou plateforme de service (comme YouTube), assurez-vous que les utilisateurs ne se voient pas présenter des contenus inappropriés ou réalisés par vos concurrents. Sachez que certaines plateformes ont des options qui permettent de supprimer ces suggestions. Si ce n’est pas le cas, vous pouvez ajouter à la fin de votre vidéo initiale une vingtaine de secondes pendant lesquelles vous placerez des hyperliens pour recommander les contenus que vous souhaitez (tout en affichant une image fixe en fond).

Sur ted.com une vidéo traitant d’une thématique proche se lance automatiquement 10 secondes après la fin du visionnage.

3/ (More) Content Is Coming

Vos utilisateurs doivent connaître le sujet de votre vidéo avant de la visionner. Le nom ou le titre de la vidéo doivent être concis et décrire le sujet traité. Ils doivent aussi comporter des informations pertinentes à propos des personnes apparaissant dans la vidéo et sur sa durée.

Pour le thumbnail (l’image servant de “vignette” à la vidéo), il doit être représentatif du thème et provenir du milieu ou de la fin de la vidéo plutôt que de son début. Cette image doit être adaptée aux différentes échelles auxquelles votre page pourra s’afficher et à votre design.

Bien détailler le contenu de la vidéo peut pousser les utilisateurs à la visionner. Nous l’avons vu, un des gros désavantages des contenus vidéo est qu’ils ne peuvent pas être parcourus efficacement. Ils ne peuvent pas être “scannés” par l’internaute en manque de temps. Or, vos utilisateurs peuvent ne pas vouloir visionner l’ensemble la vidéo. Dans cette optique, leur donner une liste des sujets abordés (ou, au mieux, une transcription complète) les aidera à naviguer jusqu’au moment de la vidéo qui les intéresse.

Enfin, vos utilisateurs veulent savoir combien de temps ils doivent allouer au visionnage complet de votre vidéo. Encore une fois, ils n’ont pas de temps à perdre. D’autant plus que sur les appareils mobiles et selon la qualité de réseau à disposition, la durée de la vidéo est aussi un indicateur de son temps de téléchargement. Parfois, les utilisateurs lancent une vidéo dans le seul but de voir quelle est sa durée. Ils confrontent sa valeur potentielle à l’engagement que demande son visionnage. Ne les poussez pas dans leurs retranchements : indiquez-leur explicitement la durée totale de votre vidéo.

Comme sur ted.com, affichez la durée de vos vidéos afin de donner du confort à vos utilisateurs.

4/ Faites en sorte que chaque seconde compte

Il est essentiel qu’une vidéo commence fort car les utilisateurs ont besoin de jauger instantanément sa valeur. Ils n’ont pas besoin d’une longue introduction pour identifier votre entreprise. Même quelques secondes peuvent paraître interminables. Si une introduction est nécessaire, faites en sorte qu’elle aille droit au but. Elle doit permettre d’identifier la source et le contenu de la vidéo en moins de 5 secondes.

Pour savoir si vous devez placer une introduction dans vos vidéos, mettez en perspective la consommation qui en est faite et l’effet cumulatif de la durée d’introduction. Cette dernière ne sera pas aussi désagréable si vos utilisateurs visionnent généralement une seule vidéo plutôt que plusieurs. C’est dans ce dernier cas que chaque introduction de 10 secondes devient un frein important au multi visionnage.

La première impression étant cruciale, le début de votre vidéo constitue sa partie la plus importante. Les utilisateurs doivent comprendre rapidement  l’utilité de ce qu’ils sont en train de regarder ou ils ne tarderont pas à aller surfer ailleurs. La rédaction de votre script est donc essentielle : votre vidéo doit être la plus courte possible tout en conservant sa pertinence. Pour cela, raccourcir le contenu, écrire plusieurs scripts succincts ou garder simplement un oeil critique sont autant de solutions possibles.

Les bonnes pratiques pour tirer le meilleur de vos vidéos

Contextualisez votre vidéo et laissez le contrôle sur son démarrage pour que vos utilisateurs puissent décider de la regarder au moment qui leur convient. Une fois la vidéo lancée, l’amélioration de l’expérience de visionnage passe par l’élimination des introductions non nécessaires et par une rédaction minutieuse de votre script. Voilà comment garder votre audience engagée et informée.

En résumé, voici ce qu’il faut retenir des bonnes pratiques en matière de contenus vidéo :

  • Pas de vidéo seule
  • Rédiger un titre court qui soit descriptif et engageant
  • Insérer des sous-titres
  • Décrire les éléments essentiels de la vidéo (bonne pratique) ou la retranscrire entièrement (meilleure pratique, SEO-friendly), ou les deux.
  • Tout hyperlien menant vers une vidéo doit le préciser
  • Pas de démarrage automatique, contrôle total est laissé à l’utilisateur
  • Lorsque la vidéo est terminée, proposer des contenus additionnels cohérents
  • La vignette de la vidéo provient de son milieu ou de sa fin et est cohérente avec la thématique
  • Fournir une liste des séquences de la vidéo et des sujets traités
  • Indiquer la durée totale de la vidéo
  • Dans la plupart des cas, une séquence d’introduction n’est pas nécessaire
  • Soigner le début de votre vidéo pour une excellente première impression
  • Rédiger minutieusement votre script pour qu’il soit court mais pertinent

 

Source

Cet article est une traduction libre de l’article de Amy Schade publié le 16/11/2014 sur le site du Groupe Nielsen Norman.

N’hésitez pas à publier en commentaire toute bonne pratique supplémentaire que vous aimeriez partager avec nous !




About the Author

Quentin

Responsable du département innovation, psychosociologue et co-fondateur de L'Institut Metacom


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